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Allocution aux Invalides de l’Abbé Pihan, Résistant, 3 juillet 1949

En mémoire de FRANZ STOCK

70ème anniversaire de la messe du dimanche 3 juillet 1949 à la cathédrale des Invalides

L’Allocution de l’Abbé Pihan, Résistant, prononcée au début de la messe du 3 juillet 1949 à la cathédrale des Invalides sera relue.

 

Chers Camarades, Mes bien chers Frères,

Je salue avec respect et gratitude M. Le Général Gouverneur des Invalides. C’est grâce à sa bienveillance confiante que cette étonnante cérémonie peut avoir lieu.

Etonnons-nous en effet. Dans ce sanctuaire, qui n’est pas une église comme les autres, dans ce haut-lieu destiné à perpétuer le souvenir des gloires spécifiquement nationales, un prêtre célèbre aujourd’hui le Saint-Sacrifice à l’intention d’un citoyen allemand, un autre prêtre va exalter la mémoire d’un homme qui fut chargé par une nation ennemie d’exercer chez nous une mission officielle à l’heure même où cette nation nous occupait et nous opprimait. Et ceux qui sont ici rassemblés sont en majorité des hommes et des femmes de France qui ont souffert cruellement dans leur chair et dans leur âme du fait de la cruauté inhumaine des chefs de cette nation et de leurs serviteurs.

Mais cet homme, ce citoyen allemand, c’était un prêtre de Jésus- Christ, un prêtre qui avait magnifiquement compris son sacerdoce. Citoyen, ai-je dit, mais il l’était d’abord de cette cité universelle, de cette internationale des âmes qui est l’Eglise du Christ. […]

Il a été dit : « il n’est point d’abîme que la miséricorde de Dieu ne comble ».Ce prêtre que nous allons évoquer n’a peut-être pas dit, mais il a prouvé par sa vie et par sa mort qu’il n’y a point d’abîme que la charité du chrétien ne puise combler. »

Et notre ambition, à nous tous qui avons souffert comme lui, plus que lui ou moins que lui – peu importe – pour la paix, pour la justice, pour la fraternité, c’est de lui crier aujourd’hui notre reconnaissance, que les siècles à venir nous entendent et que plus tard, dans une Europe pacifiée, dans un monde enfin unifié, on sache qu’à l’origine de cette pacification, de cette unité, il y a l’humble sacrifice d’un Franz Stock, patriote allemand, ami de la France, serviteur du « Christ universel » […]

Franz, petit frère François d’au-delà du Rhin, lorsque tu es venu pour la première fois dans ma cellule, tu portais le Christ sur ton cœur pour me le donner en nourriture et tu portais l’Esprit de Dieu en toi pour me donner la paix. Je t’ai embrassé en te disant : « Tu es mon frère » et dans cette geôle allemande j’ai goûté la joie parfaite, celle que les sbires de la Gestapo ne pouvaient pas nous ôter.

Ton baiser de paix, comme au Pax Domini de la messe, je le transmets aujourd’hui à tous mes frères, de ta part.

 

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